La transition vers la démocratie

Coinnnnn !

Bon alors là on va parler un peu du Chili, des conséquences directes de son passé récent et de la condition actuel du Chilien.

 Ce que j’écris provient de discutions avec des Chiliens et de quelques lectures bien placées. Mes dires ne sauraient être exemptées d’inexactitudes, ainsi je vous serais gré de me les signaler, et bien sûr de donner votre avis.
 

Un peu d’histoire

 

Revenons un peu en arrière. Cela s’est passé il y a moins de 30 ans. Je parle du coup d’état de Pinochet, le 11 Septembre 1973.
Salvador Allende (gouvernement de gauche) était au pouvoir depuis 3 ans, ce qui ne plaisait pas du tout aux gens de droite. Dans ce contexte de guerre froide, la peur du communiste régnait dans tout l’occident, je vous le rappelle. Tous les opposants du régime se mirent à l’unisson pour mettre le bordel dans le gouvernement et dans le pays. Les États-Unis vont jusqu'à financer des grèves de camionneurs chiliens, afin de paralyser les transports internes du pays. En septembre 1973, on en arrive à un point où le pays manque de denrées les plus élémentaires, est au bord de la guerre civile, avec une inflation fulgurante.

Le 11 septembre, Paf ! Coup d’état qui réussi (un autre avant avait foiré), et nous voila avec Pinochet, qui était chef de l’armée chilienne, au pouvoir. S’ensuit une dictature en bonne et due forme avec changements de la constitution comme il faut, et grosses répressions sanglantes de tout ce qui ne plaît pas à Pinochet (d’origine française, soit dit en passant…)

Ce dernier demande en 1988 la prolongation de son mandat par référendum : 53 % des Chiliens le rejettent. Il organise alors une transition en douceur lui garantissant une immunité constitutionnelle et ce n’est que 2 ans plus tard, le 11 mars 1990, suite à des élections démocratiques, qu’il cède son poste de président de la république  Ainsi pris fin la dictature.

Le bilan du coup d'Etat et de 17 ans de dictature fut de quelque 3.000 morts et disparus, 40.000 torturés et 200.000 exilés.

 Enfin je vous recommande vivement d’aller d’en lire un peu plus - surtout les détails croustillants concernant la participation des ricains au coup d’état :o)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_du_11_septembre_1973_au_Chili

 
 

Après la dictature

 Fait important, la dictature s’est terminée comme si de rien était. Pinochet reste encore 7 ans chef des armées. Le lavage de cerveau de la population a fonctionné. La transition vers une démocratie s’amorce alors, lentement.

En 1998, à Londres, notre vieil ami est arrêté à Londres et mis en résidence surveillée. Ce qui ne l’empêche pas d’être acclamé par une centaine de milliers de ses partisans quand 2 ans plus tard, il retourne au Chili. Ce n’est qu’en 2004 que son immunité constitutionnelle est levée. (mais ne  vous inquiétez pas, ses problèmes de santé, ses partisans et toutes ses influences commerciales le protègent)

L’effort de mémoire et de justice est encore d’actualité. Je peux étayer cette dernière phrase par une illustration on ne peut plus concrète. J’étais hier soir chez une copine franco-chilienne dont les parents viennent tout juste d’arriver de France. Son père y était en exil depuis 30 ans, après avoir été emprisonné et torturé ici même lors de la dictature. Il profite aujourd’hui de la toute nouvelle bourse consacrée aux victimes de la dictature. Ce qui est incroyable c’est qu’en échange, les victimes ont devoir de silence.
Pas un mot.
Encore aujourd’hui plein de militaires qui devraient être jugés sont protégés.

Au niveau constitutionnel aussi, la transition est lente. Figurez vous que l’on est toujours sous la constitution de 1980 instaurée par Pinochet. Certes elle a été changée – récemment – comme le paragraphe parlant de l’immunité universelle de Pinochet, ou celui des sénateurs nommés à vie, ou encore celui de la puissance de l’armée sur l’état.

Avant la fin de son règne, Pinochet a décentralisé géographiquement le congrès de Santiago à Valparaiso, histoire de ne pas s’encombrer de parlementaires dans la capitale (et ça marche toujours : législatif freiné).

 

Modèle économique

 Il entraîne, j’ai l’impression, bien des problèmes au Chili. Ici on est sous le règne du néo-libéralisme : les lois du marchés sont impénétrables. C’est clairement de la copie d’autres modèles occidentaux qui ont fonctionnés. Ha bah oui, ça marche, la croissance augmente pas mal et tout mais ici seule une partie de la population en profite. Il y a une énorme disparité entre les riches et les pauvres. Je ne me rappelle plus des chiffres mais quelques centaines de familles contrôlent une part impressionnante des richesses du pays. De même, quelques énormes multinationales se partagent le Chili.

L’Etat aide comme il peut ce système, à travers par exemple l’absence d’impôts sur le revenu… l’Etat perçoit de plus très faiblement d’argent des entreprises, histoire d’être accueillant pour les investisseurs.

Socialement, je crois que le Chili a bien du retard à rattraper. Rien qu’à voir la faiblesse des protections des travailleurs (licenciements, problèmes de congés de femmes enceintes…). Ici il y a seulement 2 semaines de congés payés, les horaires de travail sont souvent horrifiants. Et malgré cela les salaires sont bas : le salaire minimum est de 105 000 pesos (160 euros en gros) : une broutille.
Et on est depuis 16 ans dans un gouvernement de gauche.
Du coup, la couche la plus pauvre de la population ne peut pas vivre convenablement ni améliorer sa condition. En plus en général, ils ont plein d’enfants (éducation sexuelle à revoir).

 

Auchan : la vie, la vraie

 Un des aspects les plus glauques et les plus voyants au quotidien de cette croissance économique sont les hypermarchés et le système de crédit qui va avec. Bon déjà, ces magasins yen a plein dans la ville, c’est gros, c’est moche, c’est bondé. Le pire c’est que les prix y sont plus élevés que dans les petites épiceries / minimarket / marché / boucheries / boulangeries, bref les commerces de proximité dont heureusement la ville est encore parsemée (mais jusqu’à combien de temps ?). Au début, pas facile de trouver les raisons de la présence de tant de monde dans ces nombreux lieux (Lider, Ripley, Falabella et autres, puisqu’il faut les nommer). Publicités assommantes ? Facilité de tout trouver au même endroit ? Il y a peut-être un peu de ça. Mais ce qui est sûr c’est le système de paiement par crédit est très attractif. Chaque supermarché possède sa propre banque (dont on voit les agences dans les rues principales), et les clients peuvent y ouvrir des comptes. Ils peuvent ainsi posséder une carte bancaire bien plus facilement que dans une banque normale où il faut montrer une grosse patte blanche pour être client. Le système de crédit et de fidélité est ainsi facilité est les gens s’endettent en prenant des crédits pour payer leurs courses, leurs télés grand écran et autres joyeusetés. Daf s’étonnait de voir dans les vitrines de Valparaiso une chiée d’écrans de télé et d’appareils électroniques de toute sorte. Si il n’y en a pas à Buenos Aires, c’est ptête qu’il n’y a pas ce système où les gens peuvent acheter des choses sans en avoir l’argent.

Pablo, un étudiant avec qui j’ai pas mal discuté de plein de choses, au détour d’une soirée, m’a raconté qu’il était entré dans une maison où il n’y avait pas d’électricité. Des gens pauvres. Mais il y avait une télé. Bref on peut comprendre facilement le coté néfaste de ce système de fidélisation et de crédits sur les populations pauvres et pas forcément éduquées. Endettement à vie.

 

Moutons ?

 Ha oui en Amérique latine, la télé, bah, ça fait peur. Pour ça je pense qu’en tout cas le Chili n’est pas en retard sur les ricains (ou les Français). Sophie m’a raconté hier qu’elle était entrée dans la maison d’un pote de classe à elle. La pièce cuisine + salle à manger était ridiculement petite. Mais il y avait 2 télés dans la maison. Les programmes télé ici – du moins ce que j’en ai vu - sont comme les notre. Horriblement superficiels et bourrés de publicités. Et les médias en général, bizarrement comme en France ou aux States, insistent sur l’insécurité…

D’ailleurs la politique est toujours crainte et mal vue, même si normalement ça fait un peu moins de 20 ans qu’il ne faut pas avoir peur pour sa vie si on a une opinion politique. Quand Pablo a dit à son père qu’il voulait être président des élèves de son département dans son université(ce qu’il est actuellement), son père lui a limite dit qu’il allait se faire tuer. Bref Pablo considère qu’il faudrait quelque génération pour éliminer les séquelles de la dictature.

Marianela, nouvelle colloc du rez-de-chaussée qui étudie le castellano (pour être prof d’espagnol ici, quoi), déplore, elle, les effets néfastes de la dictature sur la lecture. Avant 1973, les gens lisaient bien plus que maintenant.

 

A quand le Jules Ferry du Chili ?

 L’éducation souffre aussi beaucoup de son héritage de la dictature. Quelques heures avant de partir du pouvoir, Pinochet (encore lui !!) a signé une loi concernant l’éducation qui est encore en vigueur aujourd’hui. Cette loi s’appelle la LOCE et en quelque mots, converti le secteur éducatif en secteur économique, qui dépend de la loi de l’offre et de la demande. L’état n’est plus un protagoniste et les collèges publics deviennent propriété de la municipalité.

Réjouissant, hein ? Et voila 16 ans que ça dure. Ce système est inégalitaire au possible car en plus toutes les universités sont payantes et extrêmement chères. Et puis pour entrer dans les bonnes universités, il faut passer et  bien réussir un examen (équivalent du bac) qui est le même pour tous. Sachant qu’avant l’université, ce qui est public est en général de mauvaise qualité…

Autre problème qu’entraîne ce système : l’absence d’équivalences entre filières. Si t’es viré ou que tu t’arrêtes au bout de la 4ème année de ton université, c’est comme si t’avais rien fait. (C’était le cas du chauffeur de bus qui nous a fait traversé les Andes une première fois…). Tout est fait pour que l’école gagne des sous. Bah déjà les études (carreras) sont plus longues qu’en France (genre écoles d’ingénieur en 6 ans / 12 semestres). On trouve le concept de rentabilité, si étranger normalement à l’éducation. Une filière doit être rentable. Sinon plus de budget.

 

Mais tout n’est pas si noir…

La transition vers la démocratie est toujours en cours et avance lentement, mais avance.
On peut citer l’arrestation à Londres en 1998 de notre bon vieux Pinochet (par un juge Espagnol). Et depuis ce temps, la justice essaye de lui dire qu’il a fait des choses pas bien, avec plus ou moins de succès  (« c'est la quatrième fois en sept ans que Augusto Pinochet fait l'objet d'un mandat d'arrêt. »).

Bien plus récemment, fin Juin dernier, plus de 100 000 étudiants Chiliens étaient dans les rues et demandaient le retrait de la LOCE. (« EL MERCADO NO FUNCIONA » - mercado = marché).

 

 

Et pour conclure et ouvrir un chouilla (car je sais depuis le lycée que ça fait bien d’ouvrir dans une conclusion), je dirai qu’en France aussi on a nos ptis problèmes, non ? Combien de temps faudra-t-il pour intégrer les détails gênants de la guerre d’Algérie ou d’Indochine aux programmes d’histoire du lycée ?

 

Commentaires

J'ai compris ton petit message, (paragraphe "modèle économique"), tu veux qu'on ouvre une école d'éducation sexuelle au Chili... Je dis BINGO!

Intéressant ce petit résumé de l'histoire...
Je trouve cependant que tu n'as pas vraiment parlé de tout ce que Pinochet a fait de bien pour le Chili... je ne veux pas faire l'avocat du Diable, mais je pense que si le Chili s'en sort mieux que ses voisins et si les chiliens continue d'acclamer Pinochet, c'est pour cette raison...non? C'est le propre de tous les dictateurs!
Audrey, le 2006-10-04 à 09h38
Je cite "ce que Pinochet a fait de bien pour le Chili..." PAAARRRRRRRRDDDDDDDOOOOOOONNNNN ????????????
Désolé Audrey mais j'ai pas du bien lire!!!! Premièrement pinocho n'a jamais rien fait pour le chili, il n'a été et n'est qu'un marionnette aux mains des nord-américains et des putchistes (pinochet n'a signer la lettre de formation de l'alliance putchiste que le 9 septembre 1973, excusez la profondeur d'opinion du gars).
Deuxiémement, l'économie a été implanté par les Chicago Boys. Si tu considères cette économie comme une "bonne chose" c'est que tu regardes un pays avec les même yeux que le FMI. Je te rappelles qu'avant 2001, l'argentine était un bon élève du FMI, on a vu ce qui s'est passé ensuite.

Tu es venue ici. Tu as pu te balader dans Valparaíso. Dis moi si tu acceptes de voir des gens avec un boulot (maçons, ouvriers, artisans) devoir squatter un terrain parce que leur salaire ne suffit pas à couvrir tous leurs besoins? Trouves tu cela une bonne chose? Dis moi si tu trouves ça normal de voir des types montés tous les 100 mètres te vendre des chocolats à 1F pour pouvoir au moins manger le midi? Dis moi si tu trouves ça normal la différence de niveau de vie entre valparaíso et viña del mar? Trouves tu ça normal de cloitrer les pauvres litéralement "a la cresta" ? Trouves tu ça normal que dans un pays l'université coûte la valaire d'un salaire minimum chaque mois aux parents, pour les fac les moins chères? Trouves tu ça normal de voir des gens ne pas se soigner pour absence de ressources pour accéder à des soins décents? trouves tu ça normal de voir des lycéens étudier dans des salles aux vitres cassées en plein hiver? Et je pourrais suivre encore un moment...

Oui forcément, si on voit la croissance du Chili le taux de l'inflation, etc..., la classe. Mais ouvres les yeux je t'en supplie. Mias le Chili est mal. Il n'a pas de système éducatif permettant l'ascenseur social, il n'a pas de système de santé égalitaire. Les secteurs clefs comme la recherche et le développement n'existent pas. Tout la technologie vient de l'exterieur. La seule entreprise qui vraiment gère c'est CODELCO, l'entreprise minière chilienne qui exploite Chuquiquamata (mine à ciel ouvert la plus grande du monde) et El Teniente (Mine souterraine la plus vaste du monde). Toutes les autres mines sont privées et les entreprises étrangères qui exploitent le minerais ne paye que des royalties, même pas des impôts, et ceci quand ils veulent bien.
Toute la disribution d'eau est étrangère et principalement française. Les autoroutes sont privées, payantes et svt étrangères, les centrales énergétiques sont une grande partie étrangères. Le jour où les autres au sens large decident de s'en aller, les gens resteront sans eau, sans électricité, sans moyen de comunication, sans clinique (car elles sont étrangères...) et, le gvt ne peux rien dire. Tu trouves ça "une bonne chose"? Moi perso non.

Et pour finir, est-ce que tu trouves que une croissance de 4-5% par an vaut la mort de 30.000 personnes? (les 3.000 indiqués par Ludovic sont les chiffres officiels, multipliés par 10 et vous serez plus proches de la réalité)

Voilà mes questions Audrey, j'aimerais bien savoir ce que tu en penses...

Mouss
Mouss, le 2006-10-06 à 00h25
Ah oui, si des personnes sont intéressées, j'ai un dossier écrit pour mon PPH (surement en consultation aux Humas) sur la période de 1960 à 1990 au Chili, je peux l'envoyer par mail.

Un dernier commentaire: les chiliens sont environ 25% clairement pro pinochettiste (j'ai pas dit de droite, attention), et curieusement, ce sont les mêmes 25% qu'on retrouve propriétaire des gdes entreprises, et grands domaines terriens, voil`pourquoi il a encore du soutien. Pour exemple, Piñera, candidat à la dernioère présidentielle est actionnaire majoritaire de LAN Chile (cie d'aviation) et à bâti sa fortune quand le gvt de Pinochet a vendu les actions. Comme fonctionnaire à l'époque, il avait un tarif préférentiel pour acheter la division où il travaillait... Ça me fait penser à d'autres scenarios actuels ça tient! Enfin, voilà pq un type comme Piñera se dit de droite et trouve que Pinochet a été "une bonne chose" Pour moi c'est qu'un "viejo cuilao de la reconchesumadre". De ces personnes qui valent même pas un centime de peso...
Mouss, le 2006-10-06 à 00h32
Salut Mouss,

Je ne me basais sur rien en parlant des "bonnes choses", mise à part que le Cjili est, malgré les problèmes économiques qui y règnent, plus développer que les autres pays d'amérique latine... Ma remarque était d'avantage une question, une bombe lancée en attente de réactions... Je ne connais RIEN de l'économie chilienne, en dehors de ce que m'a dit Ludo après 1 mois là bas. Ce que je vois, c'est que Hitler, malgré tout ce qu'il a fait, à fait du bon pour l'allemagne, et même si ca ne justifie en rien les horreur qu'il a fait, ça explique pourquoi son peuple l'aimait... j'ai rapidement fait l'amalgame.

De plus, j'ai pu voir les résultats d'une dictature mortelle à un pays au cambodge avec le règne de Pol Pot qui n'a duré que 5 ans de 1975 à 1980. "Au total, plus d'un million et demi d’individus périrent dans ce chaos par les exécutions et la torture, le surtravail, la maladie non traitée ou la famine." Résultat, encore maintenant sur les 9 routes nationales du pays, seulement 30% sont goudronnées...
J'avoue que le Chili ne ressemble pas aux USA, mais la misère du peuple m'a plus marqué en Asie, sans biensur chercher de comparaison...
Je serais intéressée par ton PPH, et merci pour cette vision "de l'intérieur".
Audrey, le 2006-10-06 à 09h36
Salut Audrey, désolé, j'avais pas vu que tu avais posté un commentaire, et bon comme ça devait me prévenir... Enfin bref, franchement, je vois pas ce que Hitler a fait de bon à l'Allemagne, bien sûr si tu vois Volkswagen, mais à part ça, y'a pas grand chose... Après Htler, c'était soi-disant national-socialiste, donc en poussant le bouchon très très loin, il a peut-être fait des choses qui ont aidés, mais pour moi, quelques soient les résultats, la fin justifie pas les moyens quand il s'agit de crime contre l'humanité. Et quand tu dis que son peuple l'aimait, c'est aprce qu'il ne savait pas toute la vérité sur tout ce qui se passait. Tu dis que le Chili c'est pas les USA, sur pas mal de point, le Chili en prend sacrément la tangente... C'est bien dommage car les gens n'ont rien à voir. Enfin quand à la pauvreté, c'est sûr que ça doit être plus impressionant au Cambodge, mai8s ceci dit au Chili, la pauvreté n'est pas visible, mais je t'assure que y'a des "población" ici qui n'ont ni eau courante, ni éléctricité ni de route et encore moins de titre de propriété du terrain qu'ils occupent.... Enfin tout n'0est pas noir, mais c'est trèèèèèèèès loin d'être rose aussi... Voili voilou, a bientôt!!!
Mouss, le 2006-11-19 à 20h29

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