C'est d'ailleurs là que nous avons rencontré Daniel, un Chilien un peu paumé, qui nous a accompagné sur ce trek.
Ainsi nous voulions marcher. On était à peu père bien équipé, cependant, les cartes précises, ils ne connaissent pas ça au Pérou. Nous en avions acheté une à Cuzco, mais il nous fallait quand même des précisions. Nous nous sommes donc renseignés auprès de locaux sur les marches possibles dans le Coin. (sur la photo, à l'auberge où nous avons passé la nuit).
Nous nous sommes décidés pour monter une vallée qui part non loin du village d'Ollantaytambo, au nord, avec en prime sur la route, des ruines inca appelées Humahuaca. Estimation temporelle de marche : 2 jours.

Nous voila parti, tout frais et souriant, sur les coups de 7-8h du matin.

Au passage, une charmante indigène nous salue.

Quel bonheur d'avoir des ruines pour soi tout seul ! Nous y sommes arrivés en milieu de matiné et on en a bien profité pour le coup. En partie sous la pluie, certes, mais ne sommes-nous pas en saison des pluies ?

D'ailleurs toutes les ruines n'ont pas encore leur grands murs de 4 m de haut debout ! Ils sont forts quand même, ces incas.


Vous pourrez constater ici sur les murs à mi-hauteur la trace du plancher.

Daf a pris la peine de grimper, peine récompensée par cette belle vue du site. Possibilité de voir un peu la même chose sur google earth, 13°13'49.94"S ; 72°13'45.07"W



Nous voila reparti... en fait on a cherché assez longtemps le chemin qui continuait à monter la vallée. Après plusieurs demi tours, on a compris qu'il fallait traverser ce pont...

Pause casse-croûte.

Ca ne se voit peut-être pas mais ça n'arrête pas de grimper. Ollantaytambo est à 2800m d'altitude, les ruines, à 3400m, et notre campement sera à 4080m... A cette altitude, en montant, les sacs pèsent leur poids...
Au passage, nous faisons une enrichissante rencontre de locaux dans un pti hameau ( 13°12'10.70"S ; 72°13'55.50"W, 3800m d'altitude). On s'est rendu compte qu'on était vraiment au fin fond du Pérou... ces gens vivent plus ou moins en autarcie ! Ils cultivent leurs patates, mangent leurs montous, poules, cochons, domestiquent leurs lamas, leurs chevaux. Ils ne redescendent au village qu'environ une fois par semaine pour acheter des trucs comme des pates. C'était quand même plaisant et instructif de pouvoir communiquer !
On leur a offert des biscuits, qui ont été acceptés avec une vive sympatie et une gourmandise non dissimulée. Un bon moment.

Majestueux Patacoin en compagnie de ses potes les lamas.


Assez crevés, nous sommes finalement arrivés à un bon site pour camper. Une vraie pelouse !
Même si on était en été, ça caille à plus de 4000 d'altitude. On a accumulé les couches. Et puis on est essouflés en moins de 2 !

Il s'est mis à pleuvoir quand on faisait chauffer les pates, du coup on s'est rabattu sur une petite cabane de berger non loin du campement. Et on en a chié pour faire un feu, il manque furieusement d'oxygène là haut, surtout quand le bois est mouillé...

Le lendemain, on réattaque, au taquet, on grimpe, on monte, on gravit, on s'élève, et on a du mal. En fait, c'est surtout Daniel et moi, Coin, que l'altitude affecte au point de faire 2 pas toutes les 3 secondes en étant hyper essouflés.

Plus haut, en milieu de matiné, nous rencontrons d'autre locaux, encore plus isolés évidemment. Il y avait une femme et 2 gosses, et cette fois la communication n'a pas été simple car elle ne parlait pas l'espagnol (ou alors quelques mots), mais seulement le quechua !

On leur a tout de même donné 2 paquets de pate, parcequ'on est des gens sympas.


Voila leur lieu de vie... Il ne se plaignent pas encore de la mondialisation, ceux-là !
Vraiment un paysage magnifique, trop haut pour accueillir des arbres.

Et nous continuons de monter...

Jusqu'à atteindre le col à un peu plus de 4700m d'altitude. On peut dire qu'on les a senti passer ! Mais nous ne savions pas alors que nous étions si proche de l'altitude du Mont-blanc.
Mais ça n'est pas fini, et il faut encore marcher, descendre, remonter pour atteindre une autre vallée vers l'ouest. Le tout sous une pluie variable et froide qui a eu la bonne idée de nous épargner lors de notre repas du midi
On a croisé un berger bien jeune qui dévallait la pente en courrant, plus ou moins accompagné de ses moutons. Ces derniers nous ont d'ailleurs regardé avec un air curieux.

Interminable vallée toute verte et gorgée d'eau...

Ce n'est pas sans joie et soulagement que nous atteignons la fin de notre randonnée, la route, après 8 bonnes heures de marche.
Nous avons eu de la chance, après 1h d'attente (c'est à dire 4-5 véhicules en tout) d'être pris en stop par un 4x4 jusqu'à Ollantaytambo.

Justement, la suite s'y passe, à Ollantaytambo
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